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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 09:21

Logo quinta Image anker Eli Petersen

 

Il n’y a pas si longtemps que les femmes ont « le droit » de porter des pantalons. J’étais obligée de porter une jupe à l’école dans les années 60 et je garde des souvenirs pénibles de longs trajets en vélo l’hiver, les jambes glacées, de devoir m’asseoir « convenablement » les genoux collés… et quand les pantalons ont étés autorisés par grand froid j’étais aux anges. Par la suite j’avais considéré le port du pantalon comme un droit au confort durement gagné. Plus tard j’ai pu reconnaître que j’avais le choix d'aborder la jupe autrement qu’à partir d’une perspective féministe.

 

Remettre une jupe a été pour moi une expérience libératrice, non pas dans une perspective d’égalité mais bien libératrice de ma différence, de ma spécificité féminine et de mon pouvoir féminin.

 

 

P1000238-Do-parle.jpg Do 2009 stage Être Femme au XXIè

 

 

Un jour je me suis trouvée à dire que le féminin est circulaire et le masculin linéaire. L’homme qui se trouvait en face de moi m’a demandé sur quoi je m’appuyais pour faire une telle affirmation. Et je suis restée coite, je me suis sentie stupide ne sachant étayer mes propos. Après avoir fréquenté des gens de peuples autochtones pour qui cela semblait à ce point intégré que la question ne s’était jamais posée, j’étais prise dans mes évidences.

 

Les premières réponses sont venues au cours d’un échange avec mon amie Péruvienne Carmen. « La jupe est le cercle Sacré que nous portons sur nous. Porter une jupe c’est honorer les Grand-mères. Nous portons la cérémonie dans nos ventres. Porter une jupe c’est porter le Cercle Sacré, porter la protection sur et autour de nous. C’est aussi pratique, nous sommes différentes des hommes, nous pouvons nous accroupir dans l’herbe en toute discrétion (rires) ». Pendant que nous parlions je regardais les jeunes filles passer en minijupe par cette belle journée printanière. S’agissait-il de la même jupe ? Il me semblait que la « mini » servait à exhiber de la chair et des formes aguichantes pour faire croire aux crédules qu’elles en étaient plus séduisantes. J’ai tranquillement et inconditionnellement continué à porter mes pantalons jusqu’au jour ou…

 

Carmen 3Carmen, photo Do

 

En 2006 Carmen et moi faisons un bout de route ensemble pour rejoindre aux Pays-Bas une Femme Médecine Abenaki appelée Grand-mère Nanatasis, qui mène un Cercle et des Cérémonies de femmes pendant trois jours. Carmen porte comme d'habiture une longue jupe colorée à volants dans le style traditionnel des amérindiennes du sud. Quand Grand-mère Nanatasis invite les femmes à mettre leur jupe pour la cérémonie je me rabats sur mon grand châle en coton que j’enfile comme un paréo, un peu gênée de ne pas être équipée ou habillée convenablement pour un Cercle de Femmes. Après tant d’années à fréquenter des amérindiennes j’aurais du savoir !

 

Selon Grand-mère Nanatasis, « Une femme qui saigne est le conduit central de l’énergie entre la terre et le ciel. Elle est le centre du cercle, elle canalise toute l’énergie, elle est le centre du pouvoir. Une prophétie Hopi dit que quand les femmes se vêtiront comme des hommes, le grand changement, la grande purification commence ».

 


PICT2953-Sarah-prie.jpg

Sarah 2009, stage Être Femme au XXIè

 

 

Dans les cérémonies aujourd’hui j’invite les femmes à porter une jupe. Porter une jupe ne diminue en rien notre pouvoir. Porter une jupe permet à notre « ouverture sacrée » de ne pas être enfermée dans un pantalon. La jupe symbolise et renforce notre conscience des cercles au sein de toute vie. Quand j’enfile ma longue jupe, je saisis son importance dans les profondeurs de mon être. Le cercle, la lune, le feu et le partage sacré résonnent en échos antiques dans le présent. Il m’est agréable de penser que cela me relie aux anciennes d’un autre temps, quand chez nous les habitations étaient rondes et le foyer au centre de la maison, au cœur de la vie groupale, à une époque ou pour survivre il fallait « faire ensemble ».

 

La pleine lune est un cercle, le trou pour le feu est creusé dans un cercle, le bâton de parole se passe en cercle. Les huttes de sudation (Sweat Lodge) prennent place dans un cercle, la terre est circulaire, les corps célestes se déplacent en mouvements circulaires et la vie elle-même est cyclique. Dans les cérémonies nous nous réunissons en cercle. Quand nous sommes assises en cercle nous sommes toutes égales et équidistantes du centre. Dans une maison circulaire la porte fait toujours face au centre.

 

Notre « ouverture sacrée » est le double passage dans cette vie, une première fois comme entrée du vide fertile elle accueille la conception, la deuxième fois comme passage pour naitre. L’être féminin est le seul qui peut accueillir plus d’une âme, plus d’un cœur, plus d’un être en son sein ! L’être féminin porte le vide créateur. Tout ce qui existe est issu de la vacuité. Dans ce sens, les femmes sont une cérémonie vivante, l’incarnation du sacré.

 

woman 1Image internet

 

J’ai redécouvert la sensation de liberté du cercle ouvert sous moi vers la terre et j’aime la sensation de me promener en jupe. La forme circulaire enracine et centre celle qui se trouve en son milieu. La jupe nous tient, nous enveloppe, nous entoure en son sein. La concentration du cercle nous rappelle notre puissance féminine.  

 

 

Do---ValerieDo & Valérie, 2010 Le "Rassemblement des Oies Sauvages"

 

Je suis arrivée à conclure qu’il est nécessaire de réintroduire la notion du Cercle Féminin Sacré dans nos vies afin de nous rappeler que les femmes ont des fonctions vitales puissantes qui sont dormantes, indésirables et inutilisées depuis une vingtaine de siècles (sauf dans de nombreuses cultures autochtones). L’humanité sans les fonctions féminines activées est bancale, elle ne tourne pas rond. Aujourd’hui dans la pensée occidentale dominante tout se veut carré, rationnel, calculé, mesurable, logique et causal.

 

Malheureusement, beaucoup trop de femmes ont gobé les mensonges publicitaires et autres à propos de ce qu’est la féminité. Pour la survie de l’humanité l'éveil du Féminin Divin est essentiel. Il est formidable de constater quand nous nous assoyons dans le cercle, quand nous remettons tout en rond comme il est plus simple de trouver des terrains d'entente. L’avidité pilleuse régnante qui sévit actuellement sur notre belle Terre est au détriment du grand cercle interdépendant du vivant et au seul bénéfice personnel d’un minuscule nombre.

 

 

LakshmiLakshmi

 

Rappelons nous que le sang de femme est le seul sang versé sans violence ni maladie et que les femmes sont les porteuses des graines de vie. Le sang de femme est la première offrande, les femmes sont le temple vivant, l’univers est une matrice, la matrice contient l’univers. Tout émane de la vacuité.

 


Frauenkreis-Shongau.jpg

Cercle de Femmes en Bavière 1998 photo Anke Rammé Firlefantz

 

Le temps est venu pour nous les femmes d’enfiler nos jupes de Cérémonie, de nous asseoir en Cercles, de rallumer nos feux sacrés et de faire tourner nos bâtons de parole ornés de coquillages en spires.

 

Le temps est venu pour retrouver la clarté et la force de nos pensées, de nos voix et de nos actions afin de restaurer l’équilibre, la bienveillance, le partage équitable, la générosité, la sécurité et la confiance, l’abondance pour tous.

 

Le moment des femmes est venu pour écouter les rêves et visions de notre temps de Lune, afin qu’il y ait de l’eau pure à boire, de l’air pur à respirer et une terre fertile pour l’humanité. 

 

Que la force des Grand-mères s’éveille, que les voix des Grand-mères s’élèvent ensemble afin que les lois servent à nouveau l’harmonie, la beauté, la paix, l’équilibre et le grand tout.

 

 

Assisi-08-copie-1.jpg 

Le Conseil International des 13 Grand-mères Indigènes

 

 

 

 

Soeureinement

Dominique


 

crazy auntClin d'oeil à Nina 

 


 

Texte de Black Elk, Holy Man of the Oglala Sioux 1863-1950 (TDA)

black elk

 

"Vous avez remarqué qu’un Indien fait tout en cercle, c'est parce que la Puissance du Monde fonctionne toujours en rond, et tout essaie d'être rond.

 

Dans l'ancien temps toute notre puissance nous est venue du cercle sacré de la nation et aussi longtemps que le cercle n’était pas rompu  les humains ont prospéré. L’arbre en fleur était le centre vivant de l'arceau, et le cercle des quatre quartiers le nourrisaient. L'Est donnait la paix et la lumière, le Sud a donné la chaleur, l'Ouest donnait la pluie, et le Nord avec son vent froid et puissant a donné la force et l'endurance. Cette connaissance est venue pour nous d’ailleurs ainsi que notre religion.

 

Tout le pouvoir du monde ne se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et donc toutes les étoiles aussi. Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leurs nids dans les cercles, car leur religion est la même que la nôtre. Le soleil s’élève et redescend dans un cercle. La lune fait la même chose et les deux sont ronds. Même les saisons forment un grand cercle dans leur évolution et reviennent toujours là où elles étaient.

 

La vie de touts les humains est un cercle de l'enfance à l'enfance, et il en est ainsi partout où l'énergie se meut. Nos tipis étaient ronds comme les nids d'oiseaux, et ceux-ci ont toujours été érigés dans un cercle, le cercle de la nation, un nid de nombreux nids, où le Grand Esprit  nous a destiné à faire éclore nos enfants. 

 

Les femmes portent des jupes pour célébrer leur lien spécial et puissant à la Terre Mère et grand-mère Lune. Quand elles se rassemblent dans les cercles de partage sacrés et embrassent leurs pouvoirs individuels et collectifs, les hommes ne peuvent pas participer parce que ces cérémonies sont des moments de rassemblement sacrés où les femmes sont dans leur élément ... et dans leurs lieux de pouvoir."

 

 

2-femmes-corbeaux.jpg

 

Si vous cherchez une jupe de cérémonie, nous vous suggérons les jupes de Mona SAMARKAND, ses jupes de grande qualité en fibres naturelles sont faites par des femmes dont nous soutenons l'indépendance financière.

Pour toute info https://www.facebook.com/MonaSamarkand

 

Prochains stages

ENSAIGNEMENTS DE FEMMES

Du 11 au 13 avril 2014 Pays-Bas (en anglais)

Du 6 au 8 juin 2014 Gers

Du 7 au 9 août Gers

 

 

 

Dominique cuyvers

Psychothérapeute Gestalt thérapeute

Femme Médecine

Tél. : 09 60 49 68 26

d.cuyvers.gt@orange.fr

 

 

 

 

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Published by Dominique Cuyvers
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commentaires

moimeme 29/04/2017 12:19

Ce mode de pensée est vachement stéréotypé. Les femmes song comme ça, les hommes sont comme ça... Cette vision binaire de la vie me rends malade. Et si vous voulez connaître mon expérience personnelle: je me sens moeux et moi quand je m'habille comme je veux. Quand personne ne m'oblige a suivre l'idéal de la robe et la jupe que je commence a haïr car j'en ai assez quon m'oblige et quon me dise que je vais mal puisque je n'en porte pas.
Je sais que jous avons les drux hormones : féminines et masculines. Et j'accepte ça, contrairement à beaucoup qui n'acceptent qu'une part de leurs être. Et puis, le masculin et le féminin n'existent pas réellement puisque ce sont des règles que les humains ont créé pour séparer le peuple en deuc. Dommage d'ailleurs. Si l'on était sois et sous aucune influence ce serait mieux... Et puis, peut être savez vous que dans certaines cultures les règles sont inversés : ce sont les hommes par exemple qui portent les robes ou qui en portent aussi. Je nebme souviens pas du nom de ce peuple malheureusement. ..

jac 31/05/2013 20:23


aujourd'hui je suis en pantalon , le printemps est arrivé, enfin ! Je ne voulais pas mettre de collants et je craignais d'avoir froid et mes jambes sont si blanches  , en attendant le soleil
et qu'il dore mes gambettes et je voyageais aujourd'hui c'est un joli pantalon marron féminin ... je n'arrive plus à mettre de jean , je ne me sens plus d'affinité avec ces pantalons qui m'on
suivit tant d'années , je les mets pour faire du bois aider mon mari sur un chantier, travailler au jardin quoique ... le jupe s'est imposée quand j'ai eu ma fille il y  11 ans , à 40 ans ..
comme si je nettoyais des zones d'ombre , comme si j'autorisais à ma féminité de voir le jour, après avoir porté 2 garçons , mettre des jupes des robes , des vetements près du corps , apaiser
cette histoire faite de quelques abus ds l'enfance , remiser ces tenus de garçon manqué et oser le féminin , mon féminin, révélé aussi par le père de mes enfants . Avec une jupe je ne peux plus
dire des gros mots , être braque , me battre contre des hommes , non , alors je gagne en force , en beauté , en maturité . J'aime mes robes , mes jupes , mes collants , Merci pour votre bel
article .


Je rêve de venir à un ensaignement .... le dire le poser c'est dèjà presque le pas franchit ... belle soirée , le soleil est venu , il chauffe un peu . c'est bon 

Marie-Claire 31/05/2013 16:49


Merci Do, pour toutes ces explications et transmissions de savoirs oubliés ou cachés.


J'aimerais apporter mon témoignage au sujet du port de la jupe, parler de mon propre vécu dans ma vie de petite fille,
d'adolescente puis de femme.


 Quand j'étais petite fille, j'adorais mes
jupes et mes robes, leurs couleurs, leur formes plus ou moins évasées qui permettaient de leur donner de l'ampleur lorsque je tournais sur moi-même. Je réalise que je peux me remémorer plusieurs
d'entre elles alors que je ne me souviens d'aucun de mes pantalons de l'époque, sauf d'un peut-être, qui avait des motifs incas que j'aimais particulièrement.



Je portais jupe ou pantalons au gré de mes envies et de la météo. Il n'y avait aucune obligation à ce sujet dans les écoles que je fréquentais. Les choses ont commencé à se compliquer avec
l'arrivée de mes menstruations. Ma mère m'avait dit que pendant mes règles, il fallait que je porte une jupe, sinon, "ça se verrait ...". La notion de gêne et de honte par rapport à cette période
déjà pénible pour moi à cause des douleurs intenses que je ressentais, s'est donc greffée à ce vêtement, que je devais porter systématiquement pour cacher mon état,
pour me cacher pendant cet état que je traversais tous les mois. Petit à petit, la jupe n'a plus été pour moi un vêtement plaisant à porter. Au contraire, elle me
faisait porter un lourd fardeau, mélange de gêne, de honte et de période inconfortable. 


Rapidement, je n'en portai plus que pendant mes règles, comme bon nombre des jeunes filles de mon âge, du reste. Du coup, porter une jupe signalait de manière évidente ce que l'on cherchait à
rendre invisible. Un jour, je décidai que, même pendant mes règles, personne ne me forcerait à porter un vêtement que je n'aimais plus (ma mère n'a jamais gagné sur le sujet "habillement"). Et je
sus m'arranger pour que "ça ne se voie pas", pour que personne ne sache où j'en étais de mes "affaires personnelles", puisque perdre son sang était un sujet tabou, une infamie (une in-femme-ie
?). Je voulais qu'on me fiche la paix avec ça et j'avais "réglé" mon problème. 



Une grande partie de ma vie s'est déroulée comme ça, en pantalon. Lorsque le sujet venait dans les conversations, ma réplique favorite était : "Et si un jour je me trouve face à face avec un
cheval égaré ? Comment ferais-je pour monter sur son dos et le raccompagner chez lui si je suis en jupe ?". Personne ne trouvait à redire à cet argument décoiffant et on passait à autre chose. Je
me suis même mariée en pantalon. Pourtant, j'avais timidement commencé à essayer des robes de mariée dans les magasins et je finissais par me dire "pourquoi pas ?". Mais ma mère était présente à
la dernière séance d'essayage et son "Tu sais, rien ne t'empêche de te marier en pantalon" a brutalement coupé l'envie qui naissait de redécouvrir cette partie enfouie de moi-même. 



Ce n'est que tard que j'ai renoué avec le plaisir d'être en jupe. À l'aide d'une grande amie. Je lui en suis encore reconnaissante et j'ai toujours une pensée attendrie pour elle lorsque j'enfile
une de mes jupes préférées. J'ai beau chercher, je ne sais même plus comment elle s'y est prise pour réveiller en moi le désir de me sentir enjupée. Mais l'effet fut immédiat. Dès le premier
essayage, l'affaire était pliée : j'allais de nouveau porter des jupes ! Pas tous les jours, non, mais dans des occasions festives, fêtes de fin d'année, rassemblement amicaux ou familiaux. Bref,
pour le plaisir, pour célébrer la joie, pour faire la fête. 



J'adore être en pantalon. Je trouve ça pratique, passe partout, élégant même. Mais quand je suis en jupe, je me sens libre, légère et en même temps protégée, entourée, secrète. Tout en écrivant
je me rends compte que porter le pantalon m'oblige à "assurer", en quelque sorte. Il y a là pour moi l'idée d'être dans l'action. La jupe n'oblige à rien, elle est synonyme de paix, de non
agressivité, de pacification même. En jupe, je me sens calme, sereine, ... désarmée. Et c'est bon. C'est peut-être ça aussi, être femme ... ?